08/12/2017

Deviens qui tu es

Hier je suis passé à côté d'un job. L'argument de la DRH était : "La Cool Attitude c'est bien mais la frontière avec la nonchalance est trop floue. Nous cherchons quelqu'un de dynamique et montrant sa motivation". Bon. Je ne me suis jamais vu comme quelqu'un "jouant" un rôle, jouant la "cool attitude" comme on se donnerait un genre. Je sais que je donne l'image de quelqu'un de très calme, voire d'imperturbable. On dirait que je me moque de tout, que rien ne m'atteint, que rien ne me motive. Je l'ai souvent entendu. C'est bien mal me connaître. Je devrais plutôt dire : c'est bien mal me cerner!

Je n'ai pas beaucoup confiance en moi, je suis extrêmement timide, je gamberge trop, je me pose les mauvaises questions. C'est souvent la tempête, la marée haute dans ma tête comme le chante Matthieu -M- Chedid (de mémoire, la suite c'est : "ça tangue et tu t'en veux, amarré comme tu peux"). Du coup je trouve injuste qu'on puisse me trouver désinvolte. Injuste puisque, comme quand on est accusé à tort, j'ai envie de crier "C'est pas moi!".

Je ne suis pas désinvolte. Je prends tout à coeur. Trop à coeur.

Je me souviens de l'époque où, mort de trouille, je foirais mes entretiens d'embauche car je regardais mes pieds, je me tordais sur ma chaise, mes mains et mes jambes tremblaient, ma voix aussi probablement. Je m'y rendais mal habillé, mal réveillé... Si aujourd'hui je donne l'impression d'être trop cool, trop sûr de moi, arrogant c'est peut-être que, même si je suis allé trop loin dans l'autre sens, j'ai fait des progrès. Et quels progrès!

Moi je me vois plutôt comme un dandy, un gentleman. J'essaie d'être élégant dans le verbe et le geste. Je pense souvent à la chanson Englishman in New York de Sting. Avec Manu Katché à la batterie, le batteur le plus élégant que je connaisse. Et un de mes préférés. Bref! Dans cette chanson il dit notamment : "Un gentleman marchera mais ne courra jamais". Question d'élégance sans doute. Bien que sportive, ma compagne ne court jamais pour attraper le bus ou le tram. Question de principe. Elle marche la tête haute, le dos bien droit, féline. L'élégance incarnée. J'aime.

Ce qui me saoule c'est d'entendre tout et son contraire, quoique je fasse. On me trouve trop rock quand je fais du jazz, trop jazz quand je fais du rock. Je frappe trop fort, pas assez. J'entends que je ne suis pas assez présent sur scène, d'autres me disent que j'ai l'air prétentieux. Je suis trop brouillon, trop appliqué...

La question que je me pose aujourd'hui (je me la pose souvent, en fait) c'est : Comment trouver l'équilibre entre ce que je suis profondément et ce que je dois faire/changer pour me faire accepter? Quelqu'un m'avait dit un jour : Qu'es-tu prêt à changer, qu'aurais-tu envie de changer?

Je vais y réfléchir. Là j'ai la migraine.