27/08/2013

Robe rouge, cheveux noirs

Elle est assise en face de moi, de l'autre côté de la table. Une grande table, carrée, faite pour dix ou douze. Je suis installé à côté de mon vieux copain P. On fait les cons, on rigole. On se raconte des trucs idiots, sans d'autre intérêt que de se faire rire. De temps en temps je lève les yeux, je la regarde, je l'observe. Sans pour autant avoir mauvaise mine, elle a l'air triste, fatigué. Elle parle avec ses voisins, leur conversation semble bien plus sérieuse que la nôtre. Plus adulte, probablement. Elle est jeune et belle, fraîche, élégante. Bien que discrète, elle dégage quelque chose de particulier, elle attire l'attention. Elle impose son charme, son sourire, ses yeux noirs, grands, pleins de vie. Par moment, je sens son regard se poser sur moi. Un regard plein de questions, intrigué, curieux. Elle se soustrait quelques secondes à sa discussion pour y replonger aussitôt. Tout à coup, son rire explose, remplit la pièce comme une bouffée d'oxygène, son sourire est un rayon de soleil un dimanche d'automne. Je souris. Assise en face de moi, elle est là, robe rouge, cheveux noirs.

 

J'ai écrit ce petit texte il y a dix ans. Je l'avais complètement oublié, je suis tombé dessus en rangeant le grenier. Pour moi qui adore ça, c'est l'occasion rêvée de faire un petit bilan!

Dix ans plus tard, je constate que ce sont toujours les mêmes choses qui m'attirent chez les filles (belle constance!):

le charisme, la joliesse et le charme plutôt que la beauté pure et froide, les cheveux foncés, la spontanéité, le mystère, la discrétion, les yeux expressifs, le sourire, le rire, la douceur, la finesse, être sur une scène...

Ce qui est intéressant c'est qu'il est déjà question de lumière et d'oxygène. On dit souvent que ce qui nous attire chez l'autre est ce qui nous fait défaut. J'étais très noir à l'époque et je l'assumais. Aujourd'hui la noirceur me colle encore aux basques et j'ai l'impression de manquer d'air depuis quelques jours... A méditer. Ou pas. Ca me paraît clair.

 

23/08/2013

Boulimie

Je lisais récemment dans un livre sur le développement personnel (une de mes passions): "N'attendez pas que l'autre comble le vide qui vous habite." Il était très clairement question du vide affectif, bien entendu. Mais cette petite phrase a sans aucun doute réveillé autre chose: le besoin, l'envie, la soif de culture et d'échanges humains. Depuis quelques semaines je suis devenu boulimique. Je me goinfre de lecture, de musique, de documentaires en tous genres (télévision, radio, internet), de musées... Je multiplie les sorties aussi. Concerts, verres en terrasse, garden parties et autres dîners, balades... Avec ou sans mes petits.

Oui, et alors? me direz-vous. Hors contexte il n'y a rien de vraiment exceptionnel à tout ça, on est bien d'accord. Mais moi, d'où je viens - et là je parle autant du noyau familial que de mon propre parcours de vie - il n'y avait pas de place pour la vie sociale puisque j'ai été élevé avec l'idée que l'Autre est une menace.

Hier, on me demandait de décrire ma vie en quelques mots. Je pensais principalement à mon enfance et la réponse fut: "l'inverse de l'épanouissement, repli sur soi, implosion, absence de légerté, gouffre, trou noir". Pour rappel, un trou noir est un corps céleste dont la densité est telle que même la lumière ne peut échapper à son champ gravitationnel. Des mots prononcés il y a peu et qui résonnent encore en moi aujourd'hui...

Cette noirceur, je m'en défais petit à petit depuis quelques années. Lentement mais sûrement. On a tous en nous une part d'ombre et la mienne ne disparaîtra jamais totalement. Tant mieux. Elle fait partie de moi et c'est en partie "grâce" à elle que je suis comme je suis. L'essentiel du travail sur moi-même que j'ai entrepris il y a un an consiste à retrouver la lumière qui sommeille en moi, à raviver les braises, à laisser la place à plus de légerté.

Je suis sur le bonne voie.

Here comes the sun!

11/08/2013

Moi je voudrais

En réécoutant ce matin la chanson du camarade Jeronimo, je me suis demandé ce qui me ferait plaisir actuellement. En restant réaliste, pas la peine de vouloir voler (et encore) ni de demander la paix dans le monde, encore moins de gagner le gros lot à l'Euromillion, voici la liste non exhaustive et égocentrée de mes désirs présents:

une grosse caisse de 22 pouces pour ma Gretsch, une guitare folk de gaucher, un prof de guitare, un prof de natation, un vélo plus adapté à la ville et à la forêt que mon vieux mais merveilleux Peugeot de piste, une petite remorque à accrocher derrière le-dit vélo pour balader mes gamins en forêt de Soignes, voir New York, Rome, emmener les enfants sur l'île de Wight, habiter plus près de l'école (même si j'adore mon appart' et mon quartier), jouer dans un groupe qui tourne, une vieille BMW, voir un seul en scène de Fabrice Luchini et, pourquoi pas, le renconter, avoir une discussion avec Matthieu Chedid, Richard Kolinka, Cyril Atef, un week-end à Paris, un abonnement à la cinémathèque de Bruxelles, organiser une fête sans l'angoisse que personne ne vienne, rencontrer la femme de ma vie...

Plutôt raisonnable, non?