29/07/2013

Jazz

Hier après-midi, on a pris les vélos et direction le Parc Royal pour aller écouter du jazz avec les enfants! Il était convenu de retrouver sur place les camarades Catherine, Olivier et Thomas. Le trajet "aller" fut un peu laborieux car le petit (qui ne fait du vélo à pédales que depuis une semaine) ne voulait déjà plus avancer au bout de dix mètres! On devrait donner le Prix Nobel à l'inventeur du cornet de glace car la perspective du cône glacé suffit à le remotiver. Arrivés au kiosque à musique, le concert a déjà commencé. On s'installe au premier rang, on écoute. "Y a pas de chanteur?", "Pourquoi le guitariste ne dit pas toujours le nom des chansons?", "Hé! Le batteur il a trois cymbales! Pourquoi toi tu n'en as que deux?", "Il a aussi une pédale de grosse caisse, lui?", "C'est quand qu'il arrive, Thomas?", "On peut avoir la glace maintenant?", ...

J'aime partager les choses que j'aime avec mes garçons que j'aime. Car même si je trouve que ce n'est pas réciproque, j'aime le jazz. Hier c'était du jazz-rock et je me dis que c'est vers ça que j'ai envie d'aller. Je ne sais pas encore très bien comment m'y prendre, c'est tout...

Finalement, toutes les questions ont trouvé leur réponse. Thomas nous a rejoint au troisième morceau, la glace était à la vanille, Olivier était dans son élément (le jazz) et Catherine était contente d'être là. Après le concert, on a bu de l'eau, des trucs à bulles, on a serré des mains, on a ri et mon petit s'est découvert une vocation de roadie! S'en est suivi un retour tranquille, paisible, à la fraîche... On a roulé jusqu'à la maison sans râler! (Et sans les mains en ce qui me concerne. Grosse impression!)

Hier soir je me suis souvenu d'un conseil que m'avait donné mon amie Fabienne lorsque je me suis retrouvé désemparé face à mes responsabilités de père célibataire: "Faire une liste de tous les petits moments simples qu'on aime partager avec ses enfants (et eux avec nous). Avoir des listes à consulter, ça aide à garder le cap même les jours sans."

Sur la liste du mois d'août il y a: piscine, vélo, minigolf, course de voitures, concerts, camping...

Je me réjouis!

 

27/07/2013

D'une rive à l'autre

Je suis de ceux qui croient qu'il n'y a pas de hasard, surtout pas en matière de relations humaines. Sans aller jusqu'à dire que tout est écrit (mais la tentation est forte), je suis persuadé que les personnes qui croisent notre route sont là pour nous apporter quelque chose.

Aujourd'hui, après avoir fait un bout de chemin avec quelqu'un, je n'en comprends pas très bien le sens. Peut-être simplement parce que je manque encore de recul, que les questions se bousculent dans ma petite tête, que les sentiments sont encore confus... Cependant il y a quelques jours, j'ai vu les choses d'un oeil nouveau. Et si, cette fois-ci, dans l'histoire que je viens de vivre, c'était moi "celui qui n'est pas là par hasard"? J'ai moi aussi, comme tout le monde, rencontré des gens qui m'ont aidé à passer des caps importants, m'ont soutenu, m'ont rendu l'existence moins pénible, m'ont guidé, conseillé... Certains sont restés, d'autres ont disparu.

Là je viens d'accompagner quelqu'un d'une rive à l'autre, d'une ville à l'autre, d'une vie à l'autre.

Dans ma barque je me sens un peu con et surtout très seul. Mais rien ne m'empêche de descendre de la barque, ici ou plus loin, là où ça me chante, là où l'herbe est plus verte, le ciel plus bleu, le soleil plus brillant. Non, rien de tangible ne m'en empêche. Pourtant, j'ai l'impression qu'une putain de cage invisible entrave ma liberté. Jeudi dernier j'ai vu en songe la porte de cette prison, elle n'est pas bien grande mais un homme la passe sans problème. Ce qui se trouve derrière, l'inconnu, est effrayant. Il me suffit "simplement" de trouver le courage. Je sens que c'est pour bientôt.

Dans quelques temps, après avoir digéré et intégré ce qui vient de se passer ce que j'avais à vivre à travers cette étrange histoire m'apparaîtra de façon claire et limpide. Maintenant il est encore trop tôt.

Merci à tous ceux et celles qui furent des passeurs pour moi. D'une rive à l'autre.

 

23/07/2013

I want to ride my bicycle

Yes! Ca y est! Mon petit de quatre ans sait rouler à vélo. Du vélo à pédales, excusez du peu! Il est vrai qu'à l'heure où nos gamins font leurs premières armes sur des draisiennes, la transition est d'une facilité déconcertante. Mais bon, ça compte dans la vie d'un papa. Et c'est avec son papa (moi) que les premiers tours de roues autonomes et assurés se sont faits. Comme son grand frère, il y a un an déjà. Moi ça me remplit de joie et de fièrté. J'ai peu de bons souvenirs de complicité père-fils en tant qu'enfant. En terme de complicité je n'en ai aucun, à vrai dire... Je devrais plutôt dire: j'ai quelques bons souvenirs de moments partagés avec mon papa. Mes premiers mètres à vélo sans petites roulettes latérales en est un. C'est paradoxal mais lui qui ne m'a jamais encouragé à rien, qui m'a mis en garde de tout et de tous, dont la ligne de conduite était "Ne fais rien, il ne t'arrivera rien et tu ne seras pas déçu", ce père absent, taciturne, phobique social m'a donné ma première clé vers l'indépendance. Il m'a donné une clé mais m'a déconseillé de m'en servir. Paradoxal, en effet. Mais le paradoxe n'est-il pas le propre de l'Homme?

Aujourd'hui, après l'avoir détesté pour tout ce qu'il ne m'avait pas donné, j'aime mon père. Profondément. Il fut un piètre papa mais j'imagine qu'il fit de son mieux. Matériellement je n'ai jamais manqué de rien. Mais que fait-on de l'amour, la tendresse, la douceur, la confiance en soi et au monde? Il fut un piètre papa mais il corrige le tir en essayant d'être un grand-père. Je trouve qu'il se débrouille plutôt bien!