26/02/2018

Toi et Moi

Moi qui vit chaque séparation comme une déchirure, je suis toujours intrigué par ceux et celles qui la vivent comme une anecdote, un détail dans leur parcours. Comme toi. Je me dis souvent (à chaque fois en fait) que je devrais en prendre de la graine. Mais en ai-je vraiment envie?

J'ai eu plusieurs déceptions dans ma vie. D'amitié et amoureuses. Plus d'une fois j'ai eu l'impression d'être un objet qu'on met de côté quand on s'en est lassé, quand on l'a assez vu, quand il est démodé. Je me suis également senti dans la peau du chien qu'on abandonne avant de partir en vacances car devenu trop encombrant. Moi ça me brise le coeur. Pas toi?

J'ai connu des personnes qui passaient tous leurs temps libres avec moi, qui me donnaient de leur temps. Et puis un matin l'ordre des priorités avait changé. Il y avait maintenant mieux à faire, mieux à lire, mieux à voir. En fait elles ne me donnaient rien, elles se servaient. Comme toi.

Toi et moi on est différents car tu penses moi quand je pense nous. Tu penses individualité, je pense collectivité. Tu es de droite, je vote à gauche. Je pense au chemin qu'on fera à deux, tu te concentres sur le tiens, celui que tu fais seule. Au moment précis où j'écris ces lignes, je me dis que tu as raison. On est seul. Dans la vie, sur le chemin. Chacun pour soi et Dieu (?) pour tous. Chacun est seul dans sa barque et il la mène comme bon lui semble. C'est moi qui suis à côté de la plaque. C'est moi qui attend la personne qui ramera avec moi, qui fera avancer le truc (tandem, barque, au choix). Tu as peut-être raison mais je ne peux m'y résoudre. J'ai encore envie de croire que l'Amour peut tout sauver, déplacer des montagnes, que deux êtres peuvent construire quelque chose de beau. Pas toi.

Mon amie M. prétend que la durée d'une relation n'a pas d'importance si on en sort grandi. Pas con. Mais est-ce que j'en sors grandi? Je ne pense pas. La blessure me fera grandir une fois cicatrisée, mais cette histoire, je ne pense pas. M. me suggère aussi de changer de style de fille. "Trouves-en une qui bouffe la vie!" Elle dit des trucs intéressants, M.

Tout change, tout bouge. Peut-être que moi aussi je change, j'évolue? Je m'ouvre aux autres, de plus en plus. Moi qui les fuyais je recherche à présent la compagnie de mes semblables. Je me sens habité par une volonté d'avancer, de grandir. Une envie de sérénité. Une envie de pleurer aussi car les individualistes me désolent. Comme toi.

(écrit à chaud, sans recul ni objectivité)

15/02/2018

Le matin

J'ai du mal. Le matin. Nouvelle rupture, nouvelle(s) désillusion(s). Je ne comprends pas comment ça fonctionne les relations. Je n'y comprends rien. Quelles soient amoureuses, amicales, superficielles, professionnelles, je m'y perds. J'y mets beaucoup trop d'affect. Je ne me ferai jamais à l'idée que les sentiments puissent s'évaporer. Qu'avec le temps on aime moins. Qu'un matin on se lève avec un regard différent sur l'autre. Qu'un matin on se dit que c'est fini. Avec l'âge je le vois arriver de loin ce moment, ça permet de prendre les devants. Ce qui ne veut pas dire que c'est plus facile à vivre. Mais ça évite les inutiles "je voudrais prendre un peu de distance", "j'ai besoin de temps pour moi", "j'ai besoin d'y voir plus clair"... Ce genre de phrases qui sentent bon la fin. Moi je la préfère façon sparadrap : d'un coup sec! 

Bref! Tout ça pour dire que c'est le matin que je repense à toutes les jolies choses qu'on s'est dit, aux regards échangés, aux gestes doux et tendres. J'aurais envie de dire j'y pense puis j'oublie mais non, j'y pense puis j'y pense. Toute la journée.

Comme à chaque fois c'est un coup dur cette séparation. Et comme à chaque fois je m'en remettrai, je continuerai ma route, je ne renoncerai pas. Je reste un indécrottable optimiste. Je sais que quelque part il y a quelqu'un qui partage ma vision du couple, de l'engagement, du respect, de l'Amour. Quelqu'un qui partage mes valeurs.

08/12/2017

Deviens qui tu es

Hier je suis passé à côté d'un job. L'argument de la DRH était : "La Cool Attitude c'est bien mais la frontière avec la nonchalance est trop floue. Nous cherchons quelqu'un de dynamique et montrant sa motivation". Bon. Je ne me suis jamais vu comme quelqu'un "jouant" un rôle, jouant la "cool attitude" comme on se donnerait un genre. Je sais que je donne l'image de quelqu'un de très calme, voire d'imperturbable. On dirait que je me moque de tout, que rien ne m'atteint, que rien ne me motive. Je l'ai souvent entendu. C'est bien mal me connaître. Je devrais plutôt dire : c'est bien mal me cerner!

Je n'ai pas beaucoup confiance en moi, je suis extrêmement timide, je gamberge trop, je me pose les mauvaises questions. C'est souvent la tempête, la marée haute dans ma tête comme le chante Matthieu -M- Chedid (de mémoire, la suite c'est : "ça tangue et tu t'en veux, amarré comme tu peux"). Du coup je trouve injuste qu'on puisse me trouver désinvolte. Injuste puisque, comme quand on est accusé à tort, j'ai envie de crier "C'est pas moi!".

Je ne suis pas désinvolte. Je prends tout à coeur. Trop à coeur.

Je me souviens de l'époque où, mort de trouille, je foirais mes entretiens d'embauche car je regardais mes pieds, je me tordais sur ma chaise, mes mains et mes jambes tremblaient, ma voix aussi probablement. Je m'y rendais mal habillé, mal réveillé... Si aujourd'hui je donne l'impression d'être trop cool, trop sûr de moi, arrogant c'est peut-être que, même si je suis allé trop loin dans l'autre sens, j'ai fait des progrès. Et quels progrès!

Moi je me vois plutôt comme un dandy, un gentleman. J'essaie d'être élégant dans le verbe et le geste. Je pense souvent à la chanson Englishman in New York de Sting. Avec Manu Katché à la batterie, le batteur le plus élégant que je connaisse. Et un de mes préférés. Bref! Dans cette chanson il dit notamment : "Un gentleman marchera mais ne courra jamais". Question d'élégance sans doute. Bien que sportive, ma compagne ne court jamais pour attraper le bus ou le tram. Question de principe. Elle marche la tête haute, le dos bien droit, féline. L'élégance incarnée. J'aime.

Ce qui me saoule c'est d'entendre tout et son contraire, quoique je fasse. On me trouve trop rock quand je fais du jazz, trop jazz quand je fais du rock. Je frappe trop fort, pas assez. J'entends que je ne suis pas assez présent sur scène, d'autres me disent que j'ai l'air prétentieux. Je suis trop brouillon, trop appliqué...

La question que je me pose aujourd'hui (je me la pose souvent, en fait) c'est : Comment trouver l'équilibre entre ce que je suis profondément et ce que je dois faire/changer pour me faire accepter? Quelqu'un m'avait dit un jour : Qu'es-tu prêt à changer, qu'aurais-tu envie de changer?

Je vais y réfléchir. Là j'ai la migraine.